11/03/2010

Deux petites dames vers le Nord...de Louvain-la-Neuve...

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Hier, après un cirque infernal de vingt minutes pour trouver une place de parking pas trop loin du théâtre Blocry, je m'installe à l'avant dernier rang des gradins (une centaine de places) et je coupe mon GSM. Le décor est sobre mais soigné. Le fond est en demi-lune et coulissant par moitié. Un coffre est installé au milieu de la pièce. Les deux actrices, les deux soeurs s'asseyent sur le banc et nous font face... Elles sont au théâtre et l'une s'ennuie ferme et veut sortir, l'autre lui impose de rester mais consent finalement à considérer que ce n'est sans doute pas la meilleure pièce à laquelle elles assistent ce soir, le seul soir de "liberté" qu'elles se sont octroyé depuis des mois sans veiller leur mère à la clinique.

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Evidemment, c'est au cours de cette seule soirée que leur mère décide de tirer sa révérence. Voilà le point de départ de toute la pièce. La quête de l'identité de leur mère, de leur rapport à leur mère, de leur rapport entre elle deux et aussi une recherche d'elles-mêmes. Elles se mettent en quête de la tombe de leur père, enterré du côté d'Amiens dans un petit cimetière dont elles ont gardé un vague souvenir. Elles veulent réunir leur mère à son mari en y déposant ses cendres. On les suit dans leur pélérinage, on rit, on sourit, on rit jaune aussi à certaines réflexions qui nous rapportent à nous-mêmes, à nos propres expériences, à nos actes manqués ou à tous ces rendez-vous manqués qui ne se représenteront plus ! On ne nage pas en plein bonheur ou en plein délire mais on ne sombre jamais dans la mélancolie ou la dépression. On assiste à une tranche de vie, simple et normale ou presque, celle de deux soeurs qui cherchent au dehors ce qu'elles taisent au dedans. Elles crient tout bas et chuchotent tout haut ! Elles sont tantôt comiques, ridicules, innocentes mais souvent émouvantes et par dessus tout véridiques et terriblement humaines et attachantes.

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Marie-Line Lefebvre (Bernadette) et Cécile Van Snick (Annette) jouent comme deux véritables soeurs. Le ton est juste, le mouvement suit, naturel. Leur jeu est réglé comme une horloge, sans aucune hésitation. La mise en scène de Patrice Kerbrat est efficace et sans temps mort. La pièce est constituée d'une série de tableaux qui se succèdent pour former ce voyage initiatique et philosophique. Un accompagnement musical d'accordéon rythme les passages d'un tableau à un autre et une voix off situe le cours des événements.

Le texte et la musique sont de Pierre Notte.images Petite biographie d'après le site de Evene.fr: Un temps journaliste au magazine Le Nouvel ObservateurPierre Notte s'illustre surtout dans l'écriture de pièces de théâtre. Découvert par Maurice Nadeau, le jeune homme collabore en tant que critique dramatique aux magazines Le Nouvel Observateur, L'événement du Jeudi, LaTerrasse et Epok. Mais en 2004, le journaliste se voit rattrapé par sa passion et devient lerédacteur en chef du magazine Théâtres. Encouragé par Paul Tabet et l'associationBeaumarchais, il se consacre pleinement au monde théâtral. Ses oeuvres, enregistrées à France Culture, sont lues au festival d'Avignon. A partir de 1998, il intervient au lycée Saint-Louis Saint-Clément de Viry-Châtillon, pour y diriger l'option théâtre expression dramatique. Trois pièces y prennent forme : 'Les Couteaux dans le dos' en 2005, 'Par la fenêtre ou pas' en 2006 et 'Mon foyer (Je ne suis pas flingué par hasard) 'en 2007. Cette dernière pièce lui permet de remarquer Jennifer Decker. En 2005, il écrit le scénario de 'Moi aussi, je suis Catherine Deneuve', pièce reprise à Rome puis à Tokyo en 2007. Le 1er novembre 2006, il devient secrétaire général de la Comédie-Française, puis rejoint Jean-Michel Ribes au Théâtre du Rond-Point en tant qu'auteur associé en 2009. Fort d'un parcours couronné de succès, Pierre Notte est chevalier dans l'Ordre des Arts et des Lettres. 

En conclusion, je dirais que cette pièce n'est pas évidente, ni à jouer, ni à regarder. Mais elle ne laisse certainement pas indifférent. Elle est comme une musique dont on garde une ritournelle dans la tête, des jours après l'avoir entendue. Une pièce qui fait réfléchir le spectateur, qui ouvre des pistes de réflexions sur la Vie et qui garde une part de rêve et de mystère...  (Guyde)

21:39 Écrit par TDA dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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