23/04/2010

Le voyage... à Louvain-la-Neuve...

Ce mercredi 21, au théâtre du Blocry, nous avons eu le plaisir d'accompagner Léonil Mc Cornick (le fils) et Gérard Vivane (le père) pour "Le voyage", une pièce de Gérald Aubert. Après la dure lutte pour trouver une place de parking, nous nous sommes retrouvés dans la petite salle du théâtre Blocry. Le décor est constitué d'une estrade avec quatre chaises, figurant l'intérieur d'une auto. Les deux acteurs manipuleront les éléments du décor entre chaque scène, ce qui donne un rythme supplémentaire à la pièce.443

Résumé: Un père et son fils. Deux générations que la guerre et ses exactions séparent. Le plus âgé a vécu l’horreur d’un camp de concentration avec son lot de maltraitances et de tortures. Son fils, Julien, est l’enfant d’une Europe nouvelle, plus inquiet du rachat éventuel de son entreprise que des relents du nazisme et des diatribes paternelles anti-allemandes. Leur voyage les mène vers le camp de Dachau, aux portes de Munich. Mais la plus grande distance qu’ils ont à franchir est celle qui les sépare l’un de l’autre.

A propos de l'Auteur: Gérald Aubert a fait des études supérieures de littérature française et anglaise tout en pratiquant l’art dramatique dès l’adolescence. Il est depuis trois décennies le directeur de la bibliothèque municipale de Gagny. Depuis le milieu des années 80, il a écrit une dizaine de pièces de théâtre. En 1996, il écrit Le Voyage créé au Studio des Champs-Elysées.DSCF0815


J’étais du bon côté, fils de héros, mais je ne savais rien de la douleur intime de mon père. Jamais nous n’évoquions les vraies épreuves qu’il avait traversées. A sa mort, j’ai regretté d’être passé à côté de son histoire. C’est ce que j’ai voulu raconter dans la pièce. 
(Gérald Aubert)

 

 

 

 

Cette pièce est tout simplement un chef-d'oeuvre. Je partage tout-à-fait l'avis qu'en donne Murielle Hublet (http://www.google.be/imgres?imgurl=http://www.lavalette.b...) et que je reproduis ici, faute d'en dire plus ou mieux qu'elle.

Revoir Dachau et … vivre ?

Un vieil homme (pétillant Gérard Vivane), enfermé dans ses souvenirs, torturé par une mémoire ni assassinée, ni rendue amnésique par le temps, voyage aux côtés de son fils Julien (bouleversant Léonil McCormick)
Ce dernier frise la bonne cinquantaine et est plus préoccupé par son avenir incertain, plombé par des menaces de licenciement, que par l’humeur grognonne de son père, qu’il accompagne plus par obligation que par envie.
L’eurocrate pacifiste s’oppose au revanchard bougon, à l’amer oublié de l’histoire, au sénile radoteur qui n’arrive pas à se dépêtrer de sa culpabilité de survivant.
Derrière le travail de mémoire, que l’on n’a pas le droit d’occulter, ce périple vers Dachau s’avère bien plus qu’une anecdote ou un souvenir de plus.
Il se révèle être la rencontre entre un père et son fils. Ces menues querelles, ces règlements de compte, ces ridicules mesquineries, ces mignonnes escarmouches émaillent la première partie du spectacle, pour en faire une sorte de ping-pong verbal.

Derrière les remarques anti-boches et les réparties lénifiantes va pourtant très vite transparaître l’éternel conflit de générations entrepetit con et vieux gâteux.
Si rires et sourires sont de mise, des fêlures sont très vite perceptibles et certaines omissions intriguent.
Les secrets cachés sous le mince vernis du passé ne demandent qu’à réapparaître et à ravager les deux existences. ?  

Le Voyage est un tout : les dialogues profonds et piquants de l’auteur français Gérald Aubert, le travail de toute une équipe (dont metteur en scène Eric Lefèvre), la maîtrise de deux fantastiques acteurs qui puisent au fond de leurs tripes pour porter loin l’émotion et une alchimie théâtrale.
Une conjonction  idéale et sublime transforme la pièce en un rare état de grâce où la détresse et la douleur se perçoivent jusqu’au dernier rang, serrent les cœurs et font monter les larmes aux yeux.
Et si les braises de nos mémoires ont été ravivées par ces considérations sur le poids de la faute et l’évocation du drame de toutes les victimes de génocides (passées et actuelles), si l’ironique représentation du conflit des générations a titillé nos amours-propres de parents/enfants, si le rideau retombe sur un public KO debout, c’est bien la preuve qu’un tel voyage ne peut se faire qu’en une excellente compagnie. 

(Murielle Hublet - Le Plaisir d'Offrir)

Le-Voyage-2Un spectacle à ne rater sous aucun prétexte !!!  (Guyde)

09:29 Écrit par TDA dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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